Si le terme de résilience, créé et popularisé par le psychanalyste Boris Cyrulnik dans ses nombreux ouvrages, s'applique d'abord à l'être humain pour traduire sa capacité à surmonter les épreuves qu'il peut traverser dans sa vie, force est de constater qu'avec la croissance démographique des villes, souvent difficilement maîtrisable comme en Asie ou en Afrique, la montée des phénomènes météorologiques extrêmes liée au réchauffement climatique touchant un nombre croissant de zones urbaines et la multiplication des risques technologiques, sécuritaires ou de pollutions diverses, il est de plus en plus associé aux villes dont les plus exposées d'entre elles auront à repenser tant leur organisation interne que leurs systèmes de fonctionnement pour anticiper ou résister aux crises à venir.

Parmi les outils dont pourront bientôt disposer les experts et les élus pour lutter contre les effets du dérèglement climatique qui constituent probablement la principale menace pour les grandes métropoles figurent les procédés issus du biomimétisme, démarche consistant à s'inspirer de la nature, en particulier dans le cas présent des différents écosystèmes existant sur la planète dont les spécialistes sont en train d'étudier les capacités et modalités de résilience pour les appliquer aux infrastructures urbaines existantes et futures qui en auront besoin. Janine Benyus, biologiste américaine et conceptrice de cette discipline, explique dans cette interview comment le biomimétisme aidera à rendre ou à créer des villes résilientes. S'il n'est pas question encore ici de capteurs multiples ou d'objets connectés, éléments des smart cities devenus incontournables, il est cependant évident que le plus grand laboratoire de R&D au monde qu'est la nature n'a pas encore révélé toute son inventivité pour s'adapter aux phénomènes les plus destructeurs.

En attendant la création d'une boîte à outils biomimétique, les autorités se penchent résolument sur cette problématique de résilience que les villes de demain devront prendre en compte si elles veulent devenir vraiment intelligentes, comme l'attestent par exemple ce document du Commissariat général au développement durable ou cette initiative intéressante lancée par la Fondation Rockefeller de créer un réseau mondial de 100 «Resilient Cities» dont les objectifs ambitieux sont exposés dans cet article.

Reste à souhaiter que les engagements pris à la COP 21, encore notoirement insuffisants, évitent demain à une majorité de villes de se soumettre aux principes exigeants de la résilience.