Dans un contexte de voies de circulation congestionnées en permanence, de pollution liée au trafic croissant et aux bouchons, de trajets domicile-travail toujours plus longs du fait de l'étalement des villes ou du coût de l'immobilier intra-muros et de la rentabilité difficile à atteindre pour les réseaux de transports en commun, les enjeux liés à la mobilité que les villes doivent et devront de plus en plus relever est sans conteste une des thématiques majeures des Smart Cities, ce quelque soit le continent concerné.

Les problématiques sont à la fois nombreuses et complexes à régler car elles nécessitent la prise en compte globale de multiples paramètres, plus ou moins interdépendants, que sont par exemple le stationnement des véhicules individuels, la coordination entre différents modes de transport, la gestion des usages partagés de moyens de locomotion ou encore les aménagements nécessaires à l'extension de l'usage des énergies renouvelables. Sans compter que parallèlement, et c'est heureux, une déferlante de projets plus ou moins sérieux et pérennes se font jour rendant difficile, pour les élus et les entreprises concernées, le choix de solutions efficaces dans une telle profusion d'offres.

C'est dans ce contexte assez débridé qu'apparaissent des initiatives originales que ce soit pour identifier les projets à fort potentiel, coordonner différentes offres ou adapter les travaux émanant d'entreprises dans un environnement urbain réel. Ainsi le constructeur automobile Audi vient de signer un accord de collaboration avec la ville américaine de Somerville qui va devenir le terrain d'expérimentation des technologies embarquées de la marque allemande.

Dans un autre esprit, l'originalité du concept français Transpolis, porté par 7 entreprises, est à noter puisque c'est en effet l'unique ville laboratoire en Europe dédiée à la mobilité urbaine durable et aux équipements de la route disposant de 80 hectares d'environnement urbain à l'échelle 1 http://www.transpolis.fr ; les villes enfin ne sont naturellement pas en reste dans cette démarche proactive à l'image de Paris qui vient de lancer un appel à candidatures sur le thème «Logistique et Mobilité Urbaines Durables».

S'il est à espérer que ce genre de projets, publics comme privés, contribue à faire émerger des réponses intelligentes, rationnelles et d'un rapport coût/services rendus optimisé aux problèmes soulevés par la mobilité urbaine, les élus et plus globalement les pouvoirs publics ne sont pas au bout de leur peine quant aux effets législatifs, sociétaux et de sécurité d'un nouveau phénomène qui n'en est probablement qu'à ses débuts mais qui devrait focaliser rapidement leur attention et celle des assureurs ou des forces de l'ordre; il s'agit des nouveaux moyens de locomotion que sont d'une part des véhicules autonomes qui attirent, en plus des acteurs attendus sur ce créneau, des entreprises comme Google ou Apple, objets connectés dans les Smart Cities obligent ; et par ailleurs les engins de déplacements personnels (segways, gyroscopes, solowheels,...) venant s'ajouter aux trottinettes et autres rollers, dont la forte croissance prévisionnelle, compte tenu du sentiment de liberté qu'ils procurent et de leur praticité, devra non seulement être prise en compte dans l'aménagement des voies de circulation mais aussi par les polices d'assurance quant aux conséquences matérielles ou physiques en cas d'accrochages plus ou moins graves entre leurs adeptes.