Dans un contexte très dégradé de son marché du travail, avec notamment la perte de 2 millions d'emplois industriels depuis les années 80, les français ont des raisons évidentes d'être inquiets sur leur avenir et celui de leurs enfants. Et pourtant, malgré cet environnement particulièrement morose, le développement des smart cities en France et dans le monde constitue pour notre économie une formidable opportunité de nouvelle dynamique pour notre pays.

En effet, la France dispose tout d'abord d'un certain nombre de grands groupes leaders européens ou mondiaux dans les secteurs porteurs des villes intelligentes comme l'énergie, la construction, le transport, le traitement de l'eau ou l'environnement. Ensuite de très nombreuses startups se lancent avec succès sur ces marchés, indépendamment ou non de ces sociétés, démontrant chaque jour un peu plus la créativité et l'efficacité de la French Tech.

Ainsi la présence de 190 jeunes pousses contre une centaine l'année dernière au CES 2016 de Las Vegas, sorte de Festival de Cannes du high-tech, fera de la France le deuxième exposant national. Par ailleurs, alors que l'internet des objets sera un des leviers majeurs du développement des smart cities, le lancement récent de la Cité de l'Objet Connecté à Angers , un des 34 chantiers du quinquennat en cours pour la réindustrialisation du pays, et le succès incontestable qu'elle rencontre, va permettre à la France de jouer dans la cour des grands sur ce créneau stratégique.

De fait, grâce à cet écosystème très favorable et à la volonté d'un nombre croissant d'élus de villes grandes et moyennes, certaines d'entre elles commencent à émerger dans le gotha des smart cities et devraient contribuer à faire de notre pays un des grands acteurs des villes intelligentes en comblant rapidement le retard pris sur d'autres nations des continents européen, américain et asiatique.

Il en est ainsi par exemple de Lyon, ville pilote pour les réseaux électriques intelligents avec son projet Smart Electric Lyon, de Lille qui mène depuis des années une politique volontariste en matière de gestion intelligente de l'eau illustrée par le contrat signé en 2015 avec un grand du secteur, de Nantes très engagée dans le développement durable (élue Green Capitale en 2013) et en pointe sur l'utilisation des open data favorisant la création de nombreuses applications, mais aussi de Nice avec son Smart City Innovation Center et plus récemment de Toulouse qui a décidé d'investir avec la Métropole 500 millions d'€ d'ici 2020 sur une quinzaine de chantiers très variés

N'oublions pas évidemment Paris, première ville de France, qui mise avant tout sur «l'intelligence collective et la coconstruction des projets» selon les propres mots d'Anne Hidalgo mais aussi Issy les-Moulineaux, municipalité de moins de 70000 habitants en proche banlieue parisienne, précurseur dans l'usage des nouvelles technologies et qui se distingue par de nombreuses initiatives originales comme son système d'exploitation de l'open data ou son réseau de quartier intelligent.

De nombreuses autres villes se lancent, à des degrés divers, dans cette démarche de smart cities, constituant autant de champs d'expérimentation nouveaux qui participeront à enrichir l'offre de prestations françaises à l'export.