Ce sujet mériterait un livre complet tant les exemples sur ce continent fascinant sont nombreux et les situations d’un pays ou d’une ville à l’autre si différentes. Les contraintes éditoriales obligeant à faire des choix, forcément subjectifs, nous nous intéressons à deux extrêmes de l’Asie à savoir d’une part Singapour, l’une des plus petites nations de la planète en terme de surface et d’autre part le futur pays le plus peuplé au monde, en l’occurrence l’Inde, après avoir mentionné la ville nouvelle de Songdo en Corée du Sud, Tokyo au Japon en tête du classement «Cities in Motion Index» en 2014,ou encore Shangai l’une des cités les plus dynamiques de Chine.

Avant d’aborder le cas de l’Inde, incontournable dans une thématique Asie et Smart Cities, il est intéressant de s’attarder sur le cas de Singapour, cette cité-Etat du Sud-Est du continent qui enregistre la densité de population la deuxième plus élevée au monde sur ses 714 km2. Cette minuscule nation, malgré très peu de ressources naturelles mais grâce à une situation maritime exceptionnelle et la clairvoyance de la famille régnante sur le plan économique est aujourd’hui une des plus riches au monde.   

Cependant le fils de son père fondateur, actuel Premier Ministre, conscient que cette position enviée ne sera pas éternelle, a décidé récemment d’investir des milliards de dollars pour faire de son territoire un modèle de Smart City comme l’explique cet article. Les premiers effets de cette volonté politique se sont rapidement concrétisés dans des réalisations de pointe qui ont fait par exemple de Singapour la première ville au monde à mettre en place une tarification dynamique en fonction de la congestion des routes. Et grâce au contrat qu’elle vient de passer avec Dassault Systèmes pour créer un modèle virtuel en 3D de l’île, à partir duquel les organismes gouvernementaux, les entreprises et les citoyens pourront développer des technologies urbaines, son avenir semble prometteur.

PEn comparaison de cette cité bénie des dieux, la problématique de l’urbanisation en Inde paraît insurmontable tant les obstacles à surmonter sont multiples à commencer évidemment par une démographie galopante qui va placer ce pays, avec ses 1,4 milliards d’habitants prévus d’ici 2020 dont 50% dans les villes, devant la Chine, ensuite par un niveau de pauvreté encore très élevé se traduisant par de gigantesques bidonvilles dans les villes, puis par des infrastructures très dégradées et enfin par le poids des traditions entretenu par un système de castes toujours très vivace qui ralentit un certain nombre de réformes touchant à la vie quotidienne. Pourtant, malgré cette situation plutôt décourageante, le Premier Ministre Narendra Modi élu en 2014 a lancé plusieurs chantiers de modernisation de son pays à marche forcée dont le «Smart City Mission» qui a pour vocation de développer dans les 20 prochaines années 100 Smart Cities, dotées d’infrastructures de transport, d’électricité et d’eau performantes.

Si ce projet colossal intéresse au plus haut point bon nombre de sociétés occidentales dont évidemment les principales entreprises françaises, celles retenues devront une fois encore, et tout particulièrement pour ce pays aux coutumes ancestrales, placer les habitants au centre de leurs réflexions dans l’élaboration des prestations qu’ils devront assurer.