Avec l’Asie, l’Afrique sera le continent qui sera confronté à la plus forte poussée démographique des prochaines décennies. Selon l’UNICEF, la population africaine qui compte actuellement 1,2 milliards d’habitants doublera d’ici le milieu du siècle et atteindra 4,2 milliards d’ici 2100. Sur la base des tendances actuelles, 25 personnes sur 100 seront des Africains en 2050 et à lui seul le Nigéria, pays le plus peuplé d’Afrique et première puissance économique du continent, représentera 10% des naissances dans le monde.

Ces chiffres sont d’autant plus impressionnants qu’il faut s’imaginer que d’ici la fin des années 2030, la plupart des Africains vivront dans les villes et que, même si une minorité d’entre eux, en l’occurrence les plus aisés, pourrait s’établir dans les futures villes nouvelles, ce nouvel afflux d’êtres humains dans des agglomérations aux infrastructures encore notoirement insuffisantes devrait contribuer à amplifier les inégalités sociales et aggraver les problèmes de santé, de pollution, de gestion des déchets ou de traitement de l’eau.

Pourtant, l’Afrique dispose de nombreux atouts qui, en se combinant opportunément, devraient lui permettre de surmonter les nombreux handicaps auxquels elle est confrontée depuis trop longtemps. Tout d’abord, une croissance de PIB aux alentours de 5% en 2015 et estimée au même niveau en 2016 qui, malgré de profondes différences entre les pays, incite les plus entreprenants des jeunes africains à rester sur le continent. Ensuite, l’émergence découlant de cette bonne santé économique, d’une classe moyenne avec un certain niveau de pouvoir d’achat. Par ailleurs une croissance du mobile la plus rapide dans le monde avec un taux de pénétration d’abonnement de 72% qui devrait atteindre 97% d’ici 2017.

De nombreuses success stories à forte connotation numérique et de nouvelles technologies illustrent cette dynamique sur l’ensemble de cet immense territoire. Enfin, l’abondance de l’énergie solaire constitue une formidable opportunité pour fournir à terme à l’ensemble du continent, en particulier aux zones urbaines existantes et futures, de l’électricité non seulement bon marché mais également produite dans une démarche de développement durable. L’heureuse initiative de Jean-Louis Borloo dans ce domaine et dans celui des énergies renouvelables est d’ailleurs à souligner.

Un dernier élément, plus paradoxal que les précédents mais qui constitue une réelle opportunité pour le futur des métropoles africaines, concerne l’état plus que dégradé dans de nombreux cas de leurs équipements en électricité justement, en transports, ou sur le plan de l’habitat. Sous une pression démographique croissante, les différentes autorités africaines ne pourront plus très longtemps ajouter de nouvelles rustines sur des infrastructures à bout de souffle et seront dans l’obligation d’équiper leurs agglomérations avec du matériel moderne et performant, voire du dernier cri technologique.

Certes, cette mutation nécessitera des efforts conséquents et une coordination sans faille de toutes les parties prenantes (politiques, financières, industrielles, ...) mais c’est à ce prix que le continent africain s’inscrira dans une démarche de progrès pour l’ensemble de ses habitants et échappera progressivement aux maux endémiques qui le touchent. Et à ce titre, les entreprises françaises ont une belle carte à jouer.

Le réputé cabinet américain A.T. Kearney affirme d’ailleurs que 8 villes africaines ont le potentiel pour concurrencer de grandes métropoles mondiales dans un horizon de 10 à 20 ans. Souhaitons donc que ce pronostic se réalise et que les innombrables atouts dont dispose l’Afrique bénéficient enfin à l’ensemble de la population.